L’Orient pour s’orienter

Quand tout attaque, quand tout fait mal. Quand il n’y a plus nulle part de replet ni de doux pour se cacher et se consoler, l’Inde revient, tapante, urgente, vitale.

Je cherche Mother India dans les librairies, j’allume quelques bougies, je porte du coton Anokhi et sous mes chemisiers, glisse un chapelet que personne ne voit, seulement ma poitrine contre les perles en bois.

J’ai mal partout et des larmes entre chaque mot, je tiens bon et rien ne perle, promis, mais dans mon ventre l’alphabet devanagari renaît, les lettres réapparaissent, s’écrivent au bas de mon dos en même temps que je fais semblant, je n’en peux plus et ne veux qu’un chose : me recroqueviller dans un temple et pleurer, pleurer, sur le sol froid et les odeurs d’encens. Je pleure pour de la myrrhe et du ghee, j’attends qu’elle murmure à mon oreille « ça va aller, ça va aller » et que l’on me dise à quelle heure me lever, manger, méditer.

J’ai besoin d’ordres, que l’on me dise quoi faire, quand, redevenir une enfant. Au sunrise, debout, au sunset, moustiques et peu importe : tu te mets en tailleur, tu fermes les yeux, tu te calmes et tu te tais.

Qu’ai-je oublié là-bas ? Ou que ne suis-je pas encore aller retrouver ?